Septembre.

un lundi matin, ou peut être un dimanche soir. Je rentre à Bordeaux en voiture.

Je sors du garage avec 5 ou 6 poches, le coeur battant. J'ai peur. Je regarde vers les fenêtres de mon appartement, au 2e étage. Les rideaux sont ouverts.
Je passe par ma boîte aux lettres, je l'ouvre et j'y trouve une clé. le double. Je ferme les yeux et respire profondément. "Il l'a fait".

En entrant dans l'ascenseur, je me découvre blanche, les traits tirés.

2e étage. j'avance vers ma porte. je la ferme d'habitude d'un seul coup de clé. Elle est fermée à double tour.

J'entre. Rien n'a changé, pour l'instant. Mais dans la grande pièce, cela sent le vide, le débarrassé vite fait. Le sol est poussiéreux. La télé a disparu. Elle laisse un grand vide. Un câble antenne traîne à terre. 
Toutes les choses semblent avoir été bougées, et replacées, négligemment.

Sur mon bureau ont été entassés des tableaux sous lesquels je trouvais des photos d'identité ternies par un porte feuille, des petits mots doux que l'on s'était adressés et d'autres choses, je ne me souviens plus. Sur le sol, le détail d'un bail signé quelques semaines auparavant, mis en scène. Il a été jeté, ou peut être posé, de manière colérique. Il hurle et me crie que je n'aurais pas dû.
Je m'écroule sur le lino froid et secouée de sanglots, je me dis que je n'ai pas eu le choix. On ne me l'a pas laissé. Et pourtant, on m'affirme que j'ai fait le mauvais. Mais personne n'avait compris, personne ne savait vraiment. Cela n'empêche pas de juger.

Désormais, j'étais seule, dans mon T1 Bis. Tout en séchant mes larmes, je rangeais toutes les affaires qu'on aurait peut être voulu que je jette. Je replaçais les tableaux. Je rangeais un paquet de feuilles dans un coin.

je jetais, découpais, classais.
je passais le balai,

 

je passais le balai...